L’épidémie du virus Ebola et les publications scientifiques – La communauté scientifique réagit rapidement!

Publié le 29 octobre 2014

Le monde est actuellement témoin d’une expansion accélérée de la maladie à virus Ebola dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’apparition de cas secondaires aux États-Unis et en Espagne. Science-Metrix a effectué une recherche dans la base de données PubMed (Medline) afin de recenser les articles scientifiques reliés à la maladie à virus Ebola. Ces données ont été croisées avec le nombre de décès causés par cette maladie reportés par l’Organisation mondiale de la santé (données en date du 21 octobre 2014).    

Le premier graphique montre le lien entre le nombre de décès annuels causés par le virus Ebola et le nombre de publications scientifiques sur ce virus par année. Pendant les 20 premières années suivant les propagations initiales de fièvre Ebola au Zaïre (aujourd’hui la République démocratique du Congo) et au Soudan, moins de 50 articles scientifiques par année étaient publiés sur la maladie. En 1995, une propagation du virus dans la zone Kikwit au Zaïre semble être associée à une augmentation du nombre de publications sur l'Ebola, une tendance qui se répète en 2000, 2003 et 2007. Exceptionnellement, l’accroissement rapide du nombre d’articles observé à partir de 2008, et culminant en 2011, ne semble pas relié à une recrudescence de la maladie à virus Ebola durant cette période (voir la note plus bas pour des explications possibles).

Figue 1

L’épidémie actuelle, qui sévit depuis décembre 2013, a fait monter en flèche le nombre de publications sur l’Ebola. Le graphique suivant montre cette tendance de façon plus détaillée. Nous y voyons le nombre d’articles publiés entre les mois de mars et octobre 2014. Par exemple, pour le mois de septembre seulement, plus de 100 articles scientifiques sur l’Ebola ont été publiés, comparativement à moins de 20 articles pour le mois de mars précédent, alors que l’épidémie en était à ses premières phases.

Ces résultats témoignent d’une forte corrélation entre la force de propagation de la maladie à virus Ebola et le nombre de publications scientifiques sur le sujet.

Figure 2

Deux raisons possibles de la forte croissance de publications sur l’Ebola en 2011

  • En 2008, deux cas de Marburg (fièvre hémorragique très semblable au virus d’Ebola) ont été détectés aux États-Unis et aux Pays-Bas. Cela aurait pu alarmer la communauté internationale et influencer le nombre de publications liées à l’Ebola.
  • Une épidémie du virus Ebola-Reston chez les porcs, survenue en 2008 aux Philippines, aurait pu alarmer davantage la communauté internationale, provoquant encore une fois un accroissement du nombre d’articles scientifiques sur le virus Ebola.

Source : http://www.cdc.gov/ncezid/dhcpp/vspb/outbreaks.html